La romanisation de la Gaule (Freesette)

De CRPE

Sources

Conquête écrite en détail par Jules César dans le Commentaire de la Guerre des Gaules. Récit continu, étalé sur 8 années.


Chronologie

  • -58/-51 : la guerre des Gaules

Gergovie

  • -52 : bataille d'Alésia. Reddition de Vercingétorix.
  • -51 : prise d'Uxellodunum chez les Cadourques. La Gaule indépendante n'existe plus. Elle devient province romaine.
  • -44 : assassinat de Jules César
  • 253 : pillage du Nord de la Gaule par les Francs et Alamans
  • 256 / 259-260 : idem
  • 260-268 : un général gaulois est nommé Empereur des Gaules - Sécession
  • 274 : la Gaule réintègre l'Empire
  • 406 : les peuples germaniques franchissent le Rhin. Fin de la Gaule romaine.

César Claude Auguste Vespasien


La conquête

Prémices et conquête

  • Dès la fin du IIIème s. avec l'installation de Rome dans la péninsule ibérique, la Gaule du Sud a pris une dimension nouvelle en devenant un axe de circulation essentiel. Il faut assurer la sécurité des communications avec l'Espagne : Marseille appelle à l'aide Rome en -154 afin de défendre ses colonies (Nice et Anibes) attaquées par les Ligures. En -125, nouvelle attaque combinée Ligures-Celtes. Rome intervient et s'installe définitivement dans le Midi méditerranéen, la Provence et le Languedoc qui devient province romaine : La Gaule Transalpine. Romanisation engagée. Une voie romaine (Via Domitia) relie toutes ces régions jusqu'en Espagne.


  • Certains peuples celtes choisissent de se rallier aux Romains tels les Eduens en -125. Ce peuple était déjà proche de ceux de la Gaule transalpine.


  • César devient gouverneur de la Gaule transalpine en -58 et se pose aussi en protecteur des peuples alliés. Les Eduens demandent son aide suite à l'invasion des Helvètes (sous la pression d'un peuple germain appelé les Suèves d'Arioviste) qui souhaitaient s'installer chez les Santons et traverser donc le territoire des Eduens. Helvètes et Suèves sont repoussés par César. A partir de là, César laisse des troupes en Gaule ce qui provoque un cycle de révoltes réprimées.


  • En -52 éclate une révolte quasi générale sous la direction de Vercingétorix. Les Eduens abandonnent César, mais Vercingétorix est défait à Alésia. Fait prisonnier, il est conduit à Rome. La Gaule transalpine n'avait pour sa part pas bougé. Cf. Le dossier Vercingétorix par Christian Goudineau.


  • A partir de -51 (prise d'Uxellodunum chez les Cadourques), la Gaule dite chevelue est définitivement conquise.

Ce qui a favorisé la conquête romaine

Les échanges commerciaux féconds avant l'invasion romaine :

  • Rapidement Marseille devient la place commerciale essentielle de la Gaule du sud. La cité fonde elle-même des comptoirs à Hyères, Nice, Arles, Agde qui ont été des relais entre le monde grec et le monde occidental.
  • Dès le IIIème s. avant J.C., certains peuples se mettent à battre monnaie d'or à l'imitation de celle de Philippe II de Macédoine.
  • Vers -120, les Eduens, Séquanes et Helvètes adoptent le monnayage d'argent = intégration économique poussée au monde gréco-romain. Le denier gaulois est aligné sur la drachme de Marseille et le demi-denier romain pour faciliter les échanges.
  • L'intégration du sud depuis -125 : Cf. le déroulement ci-dessus.


La Romanisation de la Gaule

La Romanisation a été un processus lent et progressif, plutôt pacifique jusqu'au IIIème s.. Elle a amené un développement économique important et a assuré une certaine stabilité des frontières favorisant la paix. Avec cette prospérité et cette paix, les Gaulois sont devenus, au fil des siècles, de paisibles Gallo-romains pour la majeure partie.

Trois empereurs ont été à l'origine de ce bouleversement majeur : Auguste (organisateur des Gaules, pacification des esprits), Claude et Vespasien.

La Romanisation a été **************

L'organisation administrative

Cette organisation a permis des relations plus équitables et plus humaines avec les autorités occupantes. Condition nécessaire à la pacification des esprits.

2 ensembles se mettent en place au sein de l'Empire :

  • Les Trois Gaules (La Gaule chevelue des 60 cités) divisée en 3 provinces : l'Aquitaine (pays entre les Pyrénées et la Loire), la Lyonnaise (régions entre la Loire et la Seine), la Belgique (jusqu'au Rhin initialement). Chacune est gouvernée par des légats de l'empereur. Elles sont rassemblées autour d'une même capitale fédérale : Lyon (Lugdunum).
  • la Gaule transalpine bien pacifiée, qui devient la Narbonnaise, une province sénatoriale (= sous le contrôle du Sénat) avec un proconsul à sa tête résidant à Narbonne.

Sous Auguste toujours et pour favoriser les relations entre les provinciaux et le pouvoir central, il existe des corps intermédiaires plus proches de ceux-ci : création ou développement de Chefs-lieux au coeur des 60 peuples ou cités des Trois Gaules. Ce sont les gouverneurs romains des provinces qui les contrôlent, mais les "cités" sont dirigées par des magistrats et ont des institutions municipales calquées sur le modèle romain (conseil ou curie) qui siègent dans les chefs-lieux. Ces chefs-lieux peuvent être des anciennes "oppida", mais progressivement, elles vont être abandonnées au profit de nouvelles villes installées dans la plaine et donc plus ouvertes aux échanges.

Sous Claude : **** En 90, deux provinces de Germanie sont créées (anciennement parties de la Belgique) pour jouer les tampons avec les peuples germaniques effectuant des razzia dans les Trois Gaules.



Le processus d'urbanisation et le développement routier

Le processus de romanisation a été avant tout un processus d'urbanisation. Pays jusque-là rural, la Gaule devient aussi un pays de civilisation urbaine et cela a été un puissant facteur de romanisation.

  • Sous Auguste, la Gaule est un véritable chantier : des anciennes oppidum transformées en véritable villes ou de nouvelles villes dont les fondations adoptent un plan géométrique à partir de deux axes principaux (le cardo et le decumanus). Au croisement de ces deux axes se situent généralement le forum, une place publique entourée de temples, thermes, arc de triomphe, tours ou mausolées.

Les villes se couvrent en effet de monuments publics : temples, cirques, théâtre, amphithéâtre, thermes, aqueduc... La romanisation des modes de vie et la mise en place d'une nouvelle sociabilité urbaine (organisation autour du forum) se font jour.

Familles d'origines gauloises et Romains se mêlent. Citoyens riches et puissants, ils tirent leurs richesses de leurs villas ou font fortune dans le négoce ou l'exploitation des mines. Les notables s'intègrent peu à peu au jeu politique romain en accédant à la citoyenneté. L'édit de Caracalla en 212 fait d'ailleurs des citoyens romains tous les habitants de l'Empire et donc de la Gaule.

Un important réseau routier se met en place. Lyon, fondée en -43, devient la capitale des Trois Gaules en -12. Chaque année, les représentants de toutes les cités y célèbrent le culte impérial (à Auguste), le 1er août (= jour anniversaire victoire sur Antoine et Cléopâtre).

Pourtant à la mort de l'empereur en 14, la langue couramment parlée reste le celte, la religion populaire est toujours la religion gauloise, les monnaies gauloises continuent de circuler.


Il faut pourtant le rappeler, l'essentiel de la population gauloise vit dans les campagnes. Rome y introduit d'ailleurs un nouveau mode de production fondé sur de grandes villas (villae). A côté de la villa s'est maintenu le vicus ou bourgade rurale avec un certain nombre d'éléments urbains : forum, thermes, temples... Témoignages de la densité de population. Malgré cette présence, les Gaulois continuent à y parler leur langue (jusqu'au Vème s. environ) et à rendre un culte à leurs dieux. Une osmose s'opère avec les Dieux romains : Tarants devient Jupiter, Teutatès, Mars ou Mercure, et Esus, Mercure. Les cultes orientaux se développent aussi en Gaule dont le Christianisme.


L'armée

Dès Auguste, les jeunes gaulois sont appelés à servir dans les légions romaines. Au terme de leurs 25 années de service, ils reçoivent la citoyenneté romaine, des terres et bénéficient de privilèges financiers. Les Gaulois ont été sensibles à ces honneurs et avantages.


La fin de la Gaule romaine

  • La crise du IIIème s. remet en question la prospérité de la Gaule romaine. En 253, 256, 259-260, les Francs et les Alamans pillent en partie la Gaule. Pour assurer la protection du territoire, la Gaule fait sécession avec l'Empire en proclamant empereur un général gaulois, Postumus (260-268). La Gaule réintègre l'Empire en 274 et les invasions sont jugulées en 277. Des enceintes sont construites autour des villes, la Gaule est partiellement ruinée. Les anciens noms latins des lieux tendent à disparaître. Ils sont remplacés par des noms dérivés des peuples dont les villes sont le chef-lieu.
  • Le IVème s. est une période de répit. Une nouvelle administration est mise en place. La Gaule est divisée en 2 diocèses (Trèves au Nord et Vienne au Sud). Ces diocèses sont divisés en provinces. Activités économiques reprennent et avec elles la prospérité.
  • Au Vème s., tout s'effondre. En 406, invasions germaniques.


Ce qu'il faut vraiment retenir

  • Romanisation = administrative, urbaine, militaire*********
  • Une période prospère.
  • Un Empire trop grand pour subsister ?


Enjeux apprentissage (approche personnelle)

  • L'apport des Romains dans notre Histoire.
  • Les vestiges encore visibles.
  • Le cas Vercingétorix
  • La BD "Astérix" !